L’offre de la bière à la SAQ

Cet article fait suite à Why not make Ontario’s Beer Store public?

Vous l’avez peut-être vu, c’est passé sur Capsule Bière.  Je pense que notre situation, avec des dépanneurs spécialisées, des marchés et des épiciers qui vendent de plus en plus de micro québécoise, est préférable à celle des ontariens. Ça nous fait moins d’américaines, comme on trouve souvent à la LCBO, mais ce n’est quand même pas impossible d’en trouver en voyageant un peu.

Souvent on dit que la SAQ devrait importer plus de bières, ou vendre des micros québécoises, mais le fait de ne pas le faire a fait en sorte que :

  1. Des dépanneurs ont développé une niche et au fil du temps une expertise en bière;
  2. Que des micros d’ici, les bonnes, ont pu développer des bons produits et offrir une grande variété de styles, je pense notamment à DDC, Dunham, Pit Caribou et TDD par exemple.

Je pense que la SAQ pourrait facilement augmenter des importations de bière du double de ce qui se fait actuellement sans nuire aux micros québécoises. Évidemment, la sélection aurait une importance pour donner un goût de ce qui se passe à travers le monde et faire une certaine éducation brassicole. Quoique comme l’expertise de la SAQ est vraiment le vin, peut-être que ça lui prendrait un certain temps à s’adapter au marché et éventuellement offrir une gamme renouvelée régulièrement et intéressante.

Le défi dans ce cas et d’importer des produits qui ne sont pas capables de suffire à leur propre marché. Quand une microbrasserie américain ayant du succès est capable d’écouler son stock en un rien de temps localement, quel est son intérêt à exporter ? Elle pourrait même recevoir les foudres de ses clients qui eux auraient des quantités réduites.

L’insignifiance répond à un besoin

Je trouve assez étonnant que des personnes peuvent porter un quelconque intérêt à cette superficialité qu’est la visite d’une personne dans un quelconque lieu public.

Avant de voir ça dans l’actualité, ou plutôt, sur le fil Facebook où on pouvait voir une biche (littéralement) avec des quidams joyeux derrière elle avec le texte : « Visite surprise de Kylie Jenner […] ce soir après son party d’anniversaire au Beachclub », je ne savais même pas qui était cette… Kylie Jenner…

Les vidéos publiée par la principale intéressée démontre bien son insignifiance : Des vidéos inédites de Kylie Jenner dans la zone VIP du Beachclub de Montréal.

Comment des gens peuvent perdre leur temps à vouloir voir une telle personne qui n’a strictement rien d’intéressant à dire ?  Est-ce quand on a rien d’accompli dans sa vie qu’on rêve d’être quelqu’un d’autre, et, conséquemment, porter attention à cette célébrité ?

Un peu comme l’autre là… vous savez qui ?  Le barbu muni de pitounes ?  Dan Bilzerian… à part être riche et costaud, qu’a-t-il a dire d’intéressant ?  Mais il attire les foules… ou je pourrais dire, une certaine foule.

Une foule qui, le moment d’une journée, a besoin d’oublier qu’elle est misérable et qui, pendant ce moment, se fait croire qu’elle fait partie d’un certain jetset.  Malheureusement, elle se lève le lendemain et reprend sa vie telle qu’elle était la veille…

Le coût du pont Champlain

Le pont fait beaucoup parler ces temps-ci.  Comme quoi avoir une métropole sur une île, et l’étalement urbain n’est pas toujours facile.  Un article écrit il y a déjà longtemps parle du coût de celui-ci comme étant du vol, ou encore ici, où on se demande si les québécois en auront pour leur argent.

Ce qu’il faut savoir, et ce que le journaliste ne dit pas, c’est que le pont Champlain a des particularités que les autres ponts construits n’ont pas.  Une de ces particularité, c’est qu’il faut détruire le pont actuel une fois le nouveau pont achevé.  Ce qui, devinez-le, engendre des coûts supplémentaires, contrairement à un nouveau-nouveau pont construit où il n’y en avait pas avant.  Malheureusement — avis à ceux qui pensaient voir un spectacle explosif — le pont ne pourrait pas se faire dynamiter.   Il faudrait le démanteler en pièces et transporter ces morceaux en barges.

De plus, les approches du pont, sur l’île de Montréal, sur l’Île-des-Soeurs et sur la Rive-Sud, présentent des défis supplémentaires vu qu’il y a déjà des aménagements urbains à ces emplacements.  Ce n’est pas comme construire sur des terrains vagues.  On a qu’à penser à la route 132/autoroute 15 qui longe le fleuve, le boulevard René-Lévesque sur l’Île-des-Soeurs et son attachement à l’autoroute Bonaventure ou bien sûr aux infrastructures du côté de Montréal.

Le St-Laurent présente des milieux écologiques protégés et aussi une voie maritime, ce qui a une incidence sur la planification de la construction.  Elle doit se faire sans déranger les bateaux et les milieux protégés doivent être recréés s’ils sont touchés.

Aussi, le nouveau pont, idéalement, doit être beau d’un point de vu architectural, il aurait possiblement certaines caractéristiques intéressantes, comme des voies plus larges, permettant une vitesse maximale de 100 km/h (actuellement à 70 km/h présentement) et, surtout, ferait une grande place au transport en commun avec un système léger sur rail.

D’autres aspects, qui ne sont pas nécessaires à considérer quand on construit un nouveau-nouveau pont :

  • Le maintien de la circulation et du transport en commun lors de la construction ;
  • Prévoir l’espace suffisant pour la destruction du pont actuel ;
  • La traversée de la voie maritime doit tenir compte de contraintes de calendrier ;
  • L’existence de sites archéologiques à proximité ;
  • L’existence de terrains et du fond du fleuve contaminés, incluant la mise à jour de données à ce propos ;
  • Et probablement d’autres points non mentionnés ici.

L’étude de préfaisabilité (donné en source) commence à se faire vieillot (rédigé en 2010), mais donne des angles éclairants sur les défis qui peuvent affecter le projet avec ses contraintes.  À noter que le consortium qui a créé l’étude n’a pas nécessairement une grande crédibilité, depuis la Commission Charbonneau, mais ceci n’enlève pas l’effet d’éclaircissement.  C’est évident que 5 milliards pour un pont c’est probablement trop, mais reste que certains coûts sont explicables par certains facteurs, qui ne sont pas nécessairement pris en compte pour les autres ponts donnés en exemple.  Malheureusement, il m’a été impossible de trouver les explications détaillées pour en arriver à un calcul de coûts de 5 G$.  Il semble que ce chiffre provienne tout simplement d’une conférence de presse et que ce chiffre soit répété continuellement sans vraiment savoir d’où il sort.

Sources : Étude de préfaisabilité sur le pont Champlain, 2010 (PDF).

La Charte des valeurs

Un débat chaud

En 2012 on peut dire que le débat de l’heure était les frais de scolarité avec la crise étudiante.  Il y a eu beaucoup de brasse camarade, entre gens civils qui en ont débattu, mais aussi entre la police et la population.  Ce qu’il y a de magnifique avec les débats, c’est qu’ils permettent l’échange d’idées, de partager les arguments pours et contres.  Enfin, en théorie.  Tant que ça reste civilisé.

En 2013, peut-on dire que le gros débat a été celui entourant la Charte des valeurs ?  Certainement.  Ceux qui ont été les plus entendus sont ceux qui ont été contre.  Les médias en ont parlé abondamment en publiant souvent des opinions qui allaient dans le même sens que l’éditorial.  La Presse par exemple, a publié beaucoup plus de commentaires, chroniques et parutions contre la Charte que de pours.  Comme s’il fallait être contre pour avoir la vertue de la tolérence, sinon, vous étiez catégorisé (étiquetté) quasiment comme un xénophobe.

Malgré ce que certains ont clamé, le débat n’est pas sans intérêt.  Plusieurs ont affirmé qu’il était plus important de parler de d’autre chose, mais c’était peut-être une manière de dire qu’on ne veux pas savoir ce que vous pensez.

 Le glissement

Le débat a quelque peu glissé par moment, surtout s’il faut en croire certains comme étant une honte

Je comprends les gens d’avoir une foi, je ne comprends pas par contre l’idée de vouloir l’afficher toujours et tout le temps. Qu’y a-t-il de difficile à garder sa foi discrète à certains moments dans un contexte défini ? La foi ne disparaît pas au moment où vous vous séparez de vos signes religieux… Mais en réalité, que des employés de l’État portent des signes religieux (discrets) ne dérange pas vraiment, tant que cela n’empêche pas de faire son travail. Ce qui dérange, c’est plutôt la possible *influence* que pourraient avoir certains groupes religieux sur les différents paliers gouvernementaux et qui, éventuellement, irait à l’encontre des valeurs communes ou du bien commun.

Hypocrisie occidentale

Alors qu’Haïti subi une de ses pires catastrophes, suite au tremblement de terre, de l’aide humanitaire s’organise pour leur venir en aide. On ne peut qu’applaudir le geste. Est-ce par contre pour se donner bonne conscience ?

Notre confort nous le gagnons pas seulement par le travail. Nous le gagnons aussi par l’exploitation des autres. Nous sommes indirectement responsables en recherchant le plus bas prix pour des produits. Les entreprises en profitent pour saigner des pays qui sont loins… assez loin pour qu’on n’y voit rien.

Je regardais un documentaire encore récemment. Ce documentaire expliquait comment la faim dans les pays pauvres pouvait être profitable pour les grandes entreprises agroalimentaires. L’exemple qu’ils ont pris c’est le dumping de viande dans des pays d’Afrique tel que le Ghana et le Togo. Particulièrement du poulet dont la seule véritable partie vendue ici est le « blanc », c’est-à-dire la poitrine et autres bons morceaux de chair. Le reste, le dos, cuisses, ailes et abats, sont congelés et vendus à des prix dérisoires en Afrique. Les conséquences sont nombreuses : les éleveurs de poulets locaux sont pratiquement tous disparus. La viande, après avoir fait plusieurs milliers de kilomètres peut représenter un risque pour la santé, et, maintenant que les exportateurs ont tout le marché, les prix grimpent.

Un collègue, qui vient du Congo, m’explique souvent comment le pétrole profite rarement à la population locale.

Des écolos veulent se donner bonne conscience en utilisant des bio-carburants. D’où viennent ces huiles qui servent à faire avancer nos voitures ? Une partie vient de l’Indonésie où la forêt tropicale est rasée pour faire place à des plantations de palmes. Les autochtones commence à crever de faim, eux qui auparavant pouvaient trouver la nourriture dans la forêt. Ou encore des propriétaires de terres qui se les font littéralement voler. Même si l’Indonésie est le principal producteur d’huile de palme, il coûte très cher pour un indonésien d’acheter de l’huile de palme alimentaire et faire la cuisine.

Bref, les entreprises sont subventionnées (donc notre argent) par l’État pour exploiter les pays émergents, elles y font du profit outrageusement et quand vient le temps d’envoyer de l’aide humanitaire, le gouvernement envoie de l’argent (notre argent) et du matériel (payé avec notre argent).

Note : Le « nous » du texte représente les pays occidentaux, soit l’Amérique du Nord et l’Europe.

La culture c’est trop dispendieuse

Vraiment, les arguments sont forts du côté Conservateur. C’est vrai que cette dépense, parce qu’il s’agit vraiment d’une dépense selon eux, mais d’un investissement selon le reste du monde, est énorme dans un budget :

Nous sommes dans une période d’incertitude économique mondiale, un gouvernement doit être… gérer les fonds des contribuables dans un budget réaliste, on ne peut pas augmenter tous les programmes sans limites […]
Dans cette « incertitude économique mondiale », pourquoi pas plutôt augmenter les revenu du pays en quêtant auprès des pétrolières ou des banques ? Pourquoi pas intervenir auprès des paradis fiscaux ? Pourquoi pas couper dans les dépenses militaires, qui représente une bien plus grosse somme que celle engloutie dans la culture. Idéologie conservatrice qui privilégie les entreprises et non les travailleurs, citoyens et artistes.

Effronterie supplémentaire quand il dit en anglais :

Quand des travailleurs canadiens ordinaires reviennent à la maison, allument la télévision et voient une fille ou un groupe de gens à un gala riche entièrement subventionné par l’argent des contribuables, et qui disent que leurs subventions ne sont pas assez élevées, quand ils savent qu’elles ont augmenté… Je ne suis pas certain que cela trouve écho auprès des gens ordinaires.

Et qu’il refuse d’en dire autant en français lorsqu’une journaliste lui a demandé.

Le Canada anglais commence à protester : Department of Culture.

Harper et la culture

Grand débat cette semaine avec les coupes de 45 millions de dollars qui permettent à des artistes de s’exporter. Une goutte d’eau par rapport au budget total du fédéral. Évidemment, l’idée n’est pas réellement de faire une économie à grande échelle, mais plutôt de remporter des votes chez une population qui croit que 45M$ fera une différence sur leur chèque de paye.

Harper a bien fait, à son sens à lui, de couper dans la culture. La culture est majoritairement chose d’une nation distincte, moins celle de gens de l’Ouest qui importent massivement des séries états-uniennes et une culture du Sud, ainsi que pour des raisons idéologiques. Et puis après tout, les artistes, qui sont les plus touchés par ces coupes, ne votent pas pour les Conservateurs de toute façon.

Le vrai scandale n’est pas que le gouvernement Harper ait décidé de délaisser la culture et ses subventions. Le vrai problème est que la population ne s’en formaliste pas et qu’elle ne tient pas mordicus à ce qui les définis en tant que collectivité. Si ça avait été le cas, si les gens voyaient l’importance de la culture dans leurs vies, jamais Harper n’aurait touché à la culture. Surtout s’il veut séduire plus de québécois pour éventuellement remporter plus de comptés.

Les artisans ont bien raison de chialer, mais malheureusement, sauf certains intellectuels qui les supportent, peu de gens se trouvent derrière eux.

Cardinal Turcotte relance le débat sur l’avortement

Cela semble quand même douteux que le Cardinal dise ne pas profiter des élections pour relancer le débat alors qu’il dit très clairement aux citoyens, que lorsqu’ils seront devant leur bulletin de vote, qu’ils réfléchissent à leurs valeurs et qu’ils votent en conséquence.

Vous savez déjà ce que je pense de l’avortement, j’ai l’impression que la majorité des gens pensent à peu près la même chose sur ce débat, alors oui, effectivement, qu’ils votent avec leur conscience.

Ce débat n’est pas un débat dans le sens que je ne pense pas que quelque autorité que ce soit, religieuse ou politique, ne puisse décider d’une option aussi importante. Chaque histoire est unique et ça ne devrait pas être des soit disant « bien pensants » qui décident de ce qu’ils ne connaissent pas.

Une femme qui désire avorter, avortera que ce soit légal ou pas, que ce soit permis ou pas. Question philosophique oui, mais ça en reste là.

Barack Obama officiellement en course

Lors de la convention démocrate qui se déroulait à Denver ces derniers quatre jours, Barack Obama a énoncé son discours qui vient de se terminer hier soir. Il a accepté, avec évidemment la grande joie des participants présents au stade, d’être de la partie en vue d’être président des États-Unis. Bien sûr, après son discours, les analystes politiques s’y mettent à coeur-joie.

Reste que sans l’avoir suivi pendant sa course à la tête du parti démocrate contre Hilary Clinton, il est intéressant de l’écouter parler. Il met l’emphase sur les gens de la classe moyenne qui perdent leur emploi, l’économie qui va mal, l’environnement avec des énergies renouvelables, l’avortement et le mariage gai. Il aborde ces deux derniers sans tomber dans le débat et sans poser de position claire.

bobama_discoursEnfin, son discours est à l’opposé de celui des républicains et bien des gens en dehors des États-Unis, qui sont concernés par leur politique étrangère, pensent qu’un Barack Obama apportera de l’air frais à Washington. Il est effectivement temps de changer les moeurs : basta les baisses d’impôts aux grandes compagnies pétrolières, ce sont 95% des gens, les étatsuniens moyens, qui en profiteront. Les riches ne seront pas autant chouchoutés qu’avec le clan W Bush.

Les citoyens sont laissés à eux-mêmes quand ils sont malades, voilà l’intérêt d’un système de santé public accessible. Offrir aux jeunes une éducation de qualité et leur offrir un avenir au lieu de les laisser à eux-mêmes.

John McCain a bien sûr des chances de l’emporter, mais à voir ce qui se passe, il porte un lourd baggage avec les deux mandats désastreux de Georges W Bush. Il devra probablement convaincre les indécis que les erreurs ne seront pas répétés. Une chance pour lui, il peut compter sur une base de fidèles, des purs et durs républicains qui ne voteront jamais pour autre chose qu’un homme blanc.